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Dans ce champ éternel...
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C'était ton petit frère et vous vous adoriez
Il t'appelait Fanfan, un prénom de tendresse
De l'amour dans ses yeux, un cœur toujours en liesse
Lorsque venait le temps où vous vous retrouviez.

Il n'avait pas longtemps étudié à l'école
Deux ans avaient suffi pour l'en décourager
Il n'aurait pas compris les pensums et les colles
Toute coercition le faisait enrager !

Caractériel, dit-on, sans aller plus avant
L'époque n'avait point trop de psychologie
On aurait pu sauver l'avenir de l'enfant
Mais hélas il stagnait, demeurant au logis.

Les parents, de leur mieux, l'ont bien sûr élevé
Les frères et la sœur trop petits pour comprendre
Qu'il fallait pour ce frère agir sans plus attendre
Ont grandi près de lui, bienheureuse couvée.

Un bel adolescent aux yeux pleins de douceur
Un cœur, un coeur si grand qui toujours demandait
Qu'on le rassure enfin et ne trouvait jamais
De réponse au mal-être et aux justes rancoeurs

«  Pourquoi ne puis-je pas, moi aussi être heureux
Avoir un jour famille et enfants comme ceux
Que je vois revenir un bon métier en main
Qui m'offrent leur pitié et parfois leur dédain ! »

Lorsque je l'ai connu, nous avions le même âge
La clé de la lecture était déjà cassée.
A toute discipline, il disait vite : « Assez »
L' illettrisme, bien sûr, avait fait ses ravages.

Ton petit frère, Amour, je l'ai fait mien, aussi
Il nous confiait ses joies, ses soucis, ses malheurs
Vous êtes maintenant tous les deux réunis
Dans ce champ éternel où flamboient vos deux cœurs !
En hommage à mon époux et à son petit frère adoré que j'ai accompagné jusqu'au bout.

© Poème posté le 02/11/2017 par Marcek

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