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Boréales draperies
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Le ciel était déjà ce cristal vaste et bleu
Que pose chaque soir l'infini sur la terre,
Quand soudain s'accomplit le terrible mystère :
L'ombre se revêtit de draperies de feu.

On eût dit que l'espace indomptable dansait
Et qu'au septentrion se hâtait l'empyrée,
On croyait voir la nuit tout entière aspirée
Vers une aube sans bords que l'au-delà hantait.

Il vint des profondeurs où le temps est assis
L'impalpable toucher des mânes des ancêtres :
Nous prêtâmes l'oreille à la voix de ces maîtres
Descendus parmi nous et bientôt repartis.

Un frisson de silence, alors, nous parcourut,
Saisissant en sa main le gouffre de nos âmes :
Le choeur des Trépassées-avant-que-d'être-Femmes
Flottait sur les nuées, pour toujours inconnu.

On eût dit qu'un rocher, lancé avec fureur
Depuis le sombre écho des entrailles du monde,
Avait glacé d'effroi la course vagabonde
Des étoiles figées et frappées de stupeur.

Le soleil, astre roi que l'heure dérobait,
Fendait d'un glaive fier les voûtes sidérales
Jusqu'aux voiles froissées des rives boréales,
Jaillissement lointain qui sourdement tonnait ...




Les aurores boréales, provoquées par les tempêtes solaires
qui affectent le champ magnétique terrestre
et provoquent les mouvantes clartés que nous admirons tant,
inspiraient jadis aux peuples du Nord des légendes telles que :
la présence, un bref instant parmi les mortels,
des esprits des ancêtres,
ou encore la manifestation de jeunes filles
mortes dans la fleur de l'âge et sans avoir connu le mariage.

© Poème posté le 15/02/2020 par Ombrefeuille

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