Dans leur alignement peu militaire
ils interpellent l'espace
Lus et rangés
ils m'invectivent encore
Certains sont de vieux compagnons
de ceux que l'on garde toujours
Malgré l'enfance
leur magie demeure intacte
D'autres
rêves posés de jumeaux imparfaits
illustrent
par delà les mots
des pensées soeurs
En attente
petits nouveaux et oubliés
les non lus
perturbent l'équilibre
de leur cri
entre reproche et invite
Tous sont mes camarades
même les hautains dictionnaires
boudant leur étagère
Si le clan poésie
niche comme il le peut
troublant sans états d'âme
l'assemblage déjà dissonant des romans
Tous captent le temps
m'enveloppant
dans une cache de textes
Sont-ils mes prisonniers ?
Suis-je le leur ?
L'ami est-il désormais gardien ?
Bien sûr
ils ne sont pas uniques
En les retenant
je ne prive personne ou presque
Et puis
un jour enfin
ils seront tous libérés de moi
