Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Une nuit cousue de fil blanc
3

La robe d'ébène est tombée sur le soir étourdi
Aucun pli d'ombre ne teintait plus le satin des bois
J'avançais comme un ours aveugle en quête de refrains
Mais l'écho trompeur m'éloignait toujours de mon dessin

Encre de chine et calame, HB, plume et stabylo,
Aucun trait n'avait le goût de combler mon appétit
Ma craie crachait sur la forêt, le tableau restait noir
Et l'instantané sous de mots creux se ratatinait

A tâton ainsi j'allais comme au temps des origines
Sur un chemin sans horizon, étroit et tourne-en-rond
Puis soudain m'arrêtai patte et nez au clair suspendus :
Un tissu de fil blanc s'offrait à l'ascension des anges

Mais ma queue fourchait sans doute car je restai scotché
Fébrile alors comme un géranium en son pot de terre
Heureux de sentir une goutte un rayon sur mon col
Et une sève bouillonnante qui sautait les heures

Je restai suspendu comme un mime garde-manger
Le temps de voler à la toile quatre fils d'argent
Puis fier de mon larcin la traîne filant je m'enfuis
Dans mes doigts au métier tissaient déjà les vers à soi

D'une recherche vaine mais grasse de sensations
De la mousse tendre s'écrasant sous ma plante nue
J'avais tiré une transe étrangère au paysage
Qui pendait hors du temps comme une échelle d'évadé

© Poème posté le 29/08/2014 par Candlemas

...
× Illustration agrandie