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Amour d'automne
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O mon âme, le bel automne
Dont les journées sont une aumône
Pour ceux-là qui lui abandonnent
Toute entière leur personne.
La brume se lève et les vents
Balaient l'espoir qui fout le camp
Pour n'être qu'un vague et mouvant
Souvenir,ô bien désolant;

Si tu ressens les mêmes choses
En voyant se mourir les roses,
Tu dois avoir à forte dose
Du spleen au coeur, des ecchymoses.

Les forêts et les bois se teignent
De rouille, d'or et de châtaigne,
Mélancolique l'arbre saigne,
Languit, meurt: la nostalgie règne.
Les feuilles tombent par millier,
Le ciel est bas, l'espoir voilé
Et l'âme, ô combien fatiguée,
Traîne avec lui tout son passé.

Si tu ressens les mêmes choses
En voyant se mourir les roses,
Tu dois avoir à forte dose
Du spleen au coeur, des ecchymoses.

La terre est molle de rosée
Et l'âme comme ensorcelée
S'enfonce dans le sol mouillé
Et ne peut plus s'en dépêtrer.
O mon amie, cette faiblesse
Qui m'opresse, m'étreint, me blesse,
Me remplit pour toi de tendresse,
Toi pour qui l'espoir est en brèche.


Si tu ressens les mêmes choses
En voyant se mourir les roses,
Tu dois avoir à forte dose
Du spleen au coeur, des ecchymoses.

Le ciel est bas, l'espoir voilé:
Sur la terre molle et mouillée
Les feuilles pleuvent des forêts
L'âme avec elles tombe à tes pieds.
Les bois qui languissent s'endeuillent
D'arbres pleurant à toutes feuilles
Et comme on ne veut rester seul
On aime à, mon Dieu, tromper l'oeil.

O mon âme, le bel automne
Dont les journées sont une aumône
Si ce sont bien elles qui donnent
Cet amour à nos deux personnes.


Mis en musique par JMD

© Poème posté le 12/11/2013 par Louis Vibauver

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