Humeurs océanes
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L'Océan a ses rêves, écoutez le frémir...
En écharpe de soie il flirte avec la grève ;
Ses vagues vont et viennent offrant mille sourires,
Colliers de porcelaine et perles de saphir.
Il caresse en passant la mousse des récifs
Où les poissons d'argent s'amusent en ribambelles...
L'Océan, ce titan, est parfois attentif
A la poésie vraie d'un coucher de soleil.
Mais quand il est méchant, déborde sa colère,
Et le grand Océan n'est plus du tout marrant :
Il se change en tempête et dans un souffle amer
Déboussole à l'instant le vol des goélands.
L'onde océane est folle qui, défiant le vent,
Lance, tout bardés de brume, ses chevaux écumants...
Sous son panache blanc elle force l'" en avant ! "
Pour un conflit sérieux sous la voûte des cieux.
Ainsi passe le temps sur le grand Océan,
Roulant comme toutes choses : ni tout noir, ni tout rose...
Il est tant de légendes, il est tant de romances
Racontant ses colères ou ses temps de clémence...
Et les marins le savent qui, en airs gais ou graves,
Chantent pour oublier qu'au port ils ont laissé
Tous ceux qu'ils aiment tant pour le grand Océan
Qui un jour les a pris dans ses filets géants.
L'Océan est le maître, il faut lui obéir
Ou voudra-t-il peut-être tout ce monde engloutir.
En écharpe de soie il flirte avec la grève ;
Ses vagues vont et viennent offrant mille sourires,
Colliers de porcelaine et perles de saphir.
Il caresse en passant la mousse des récifs
Où les poissons d'argent s'amusent en ribambelles...
L'Océan, ce titan, est parfois attentif
A la poésie vraie d'un coucher de soleil.
Mais quand il est méchant, déborde sa colère,
Et le grand Océan n'est plus du tout marrant :
Il se change en tempête et dans un souffle amer
Déboussole à l'instant le vol des goélands.
L'onde océane est folle qui, défiant le vent,
Lance, tout bardés de brume, ses chevaux écumants...
Sous son panache blanc elle force l'" en avant ! "
Pour un conflit sérieux sous la voûte des cieux.
Ainsi passe le temps sur le grand Océan,
Roulant comme toutes choses : ni tout noir, ni tout rose...
Il est tant de légendes, il est tant de romances
Racontant ses colères ou ses temps de clémence...
Et les marins le savent qui, en airs gais ou graves,
Chantent pour oublier qu'au port ils ont laissé
Tous ceux qu'ils aiment tant pour le grand Océan
Qui un jour les a pris dans ses filets géants.
L'Océan est le maître, il faut lui obéir
Ou voudra-t-il peut-être tout ce monde engloutir.
Parfois je lève la tête et regarde mon frère l'Océan avec amitié :il feint l'infini, mais je sais aussi qu'il se heurte partout à ses limites, et voilà pourquoi, sans doute, tout ce tumulte, tout ce fracas.
Romain Gary ( La promesse de l'aube )
Romain Gary ( La promesse de l'aube )
