Voyage fantastique
A bord d'un fragile vaisseau, j'ai navigué
Au milieu des mers, des océans,
Ces vastes écrans, miroirs géants
Dont les cent cargaisons de bandes dessinées
Reflètent l'inconscient qu'animent les marées.
Rouge, une bulle de savon grossit sans cesse
Au ciel et sur le point d'éclater
S'estompe au loin pour recommencer.
Comme frissonnant de fièvre, l'azur s'affaisse
En vaguelettes et s'en voile avec sagesse.
Un soleil moribond, blême, les traits tirés
Dans l'atmosphère lourde et pesante,
Court, ô curieuse étoile filante,
Se baigner à mes pieds mais l'ordre du monde et
La conscience l'ont au zénith vite bordé.
Rêve, hallucination? Hallucination, rêve?
Une île attiédit dans le lointain
La brise fraîche des vents marins
Et le roulis berceur des flots, en vastes fresques,
Uniformes, orne chaque voute céleste.
A bord d'un fragile vaisseau , j'ai parcouru
Les canaux souterrains de la vie
Que la clarté blafarde et ternie
D'incendies fugitifs que l'on croyait perdues
A jamais, révèlait à la conscience nue .
Sur les murs ondulants comme de longs rideaux
Se mouvaient de nouvelles ombres:
Là, une tortue au nez de scombre,
Aux dents de morse, se détachait des coraux
Trés menaçante, à des rythmes intestinaux .
Là, sur la rive, des gorilles parcouraient
D'immenses steppes et de leurs pattes
Charriaient le soleil et les astres;
Aux ombrages d'un crâne , un couple s'enlaçait
Sur un maxillaire en guise de canapé;
Ici, le regard d'yeux caves vous foudroyait,
Riant d'un rire aux humeurs peccantes,
De sa laideur, de mon épouvante,
Et le long de ses joues, des ruisseaux de sang
Dégoulinaient de la plaie en minces filets;
Des masques, des portraits comme ceux de Buffet
Naissaient à chaque instant sur la roche:
Maupassant, un peuple hideux s'approche !
Charles, t'en souviens-t'en de cet auguste étranger
Qui mêlait à la vie, la mort, l'éternité ?
Soulevé par la tempête et par la bourrasque
Dont les eaux battant ma peau glacée
Ont déraciné mes nerfs usés,
J'ai bientôt sombré dans les profondeurs calmes
Avant que le jour n'éclaire mon angoisse.
Au milieu des mers, des océans,
Ces vastes écrans, miroirs géants
Dont les cent cargaisons de bandes dessinées
Reflètent l'inconscient qu'animent les marées.
Rouge, une bulle de savon grossit sans cesse
Au ciel et sur le point d'éclater
S'estompe au loin pour recommencer.
Comme frissonnant de fièvre, l'azur s'affaisse
En vaguelettes et s'en voile avec sagesse.
Un soleil moribond, blême, les traits tirés
Dans l'atmosphère lourde et pesante,
Court, ô curieuse étoile filante,
Se baigner à mes pieds mais l'ordre du monde et
La conscience l'ont au zénith vite bordé.
Rêve, hallucination? Hallucination, rêve?
Une île attiédit dans le lointain
La brise fraîche des vents marins
Et le roulis berceur des flots, en vastes fresques,
Uniformes, orne chaque voute céleste.
A bord d'un fragile vaisseau , j'ai parcouru
Les canaux souterrains de la vie
Que la clarté blafarde et ternie
D'incendies fugitifs que l'on croyait perdues
A jamais, révèlait à la conscience nue .
Sur les murs ondulants comme de longs rideaux
Se mouvaient de nouvelles ombres:
Là, une tortue au nez de scombre,
Aux dents de morse, se détachait des coraux
Trés menaçante, à des rythmes intestinaux .
Là, sur la rive, des gorilles parcouraient
D'immenses steppes et de leurs pattes
Charriaient le soleil et les astres;
Aux ombrages d'un crâne , un couple s'enlaçait
Sur un maxillaire en guise de canapé;
Ici, le regard d'yeux caves vous foudroyait,
Riant d'un rire aux humeurs peccantes,
De sa laideur, de mon épouvante,
Et le long de ses joues, des ruisseaux de sang
Dégoulinaient de la plaie en minces filets;
Des masques, des portraits comme ceux de Buffet
Naissaient à chaque instant sur la roche:
Maupassant, un peuple hideux s'approche !
Charles, t'en souviens-t'en de cet auguste étranger
Qui mêlait à la vie, la mort, l'éternité ?
Soulevé par la tempête et par la bourrasque
Dont les eaux battant ma peau glacée
Ont déraciné mes nerfs usés,
J'ai bientôt sombré dans les profondeurs calmes
Avant que le jour n'éclaire mon angoisse.
