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Genèse

En ces temps reculés, noyés de solitude
Les ténèbres étaient reines et glissaient en tout monde
Le douloureux hiver glaçait d'incertitude
L'avenir du serpent dont le cercle était l'onde.

Au hasard du silence, quelque part dans la nue,
Fuyantes comme un rêve, comme un désir profond,
Des ondes migratrices voguaient, mémoire ténue,
Engramme d'un démiurge dont le verbe fut fécond.


Oui ! vrai ! il était dit, baladin de l'espace
Qu'en des cercles divins, au-delà du chaos
Au-delà du néant viendrait le temps qui passe
Le temps qui nait, le temps nouveau.


Ces paroles divines, écho d'une lumière
Qui jadis rayonnait en un monde cristal
Cette nouvelle espérance et ultime prière
Au fond d'un coeur de pierre, firent absoudre le mal...


Les limbes, gorgées de plaintes inhumaines
S'entrouvrirent alors, libérant du cloaque
Le silence écarlate d'une foule incertaine...
Face au soleil naissant, leur oeil était opaque.


Le néant se brisa, engloutissant toute ombre
Le regard diaphane de ces errants perdus
Dévorait la lumière, effaçant la pénombre
De leur cerveau brumeux, impuissant,éperdu.


Il fallait un matin,
Il se fit un matin...


Tous droits réservés © Poème posté le 01/10/2011 par Segal

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