Une rose au paradis
Par un matin d’avril, elle était là, assise,
Seule à cette terrasse, nimbée d’une aube grise
Ses cheveux blond cendré mettaient de la couleur…
…elle a touché mon cœur…
Elle lisait, m’en souviens, « Une rose au paradis »
Le trait muet des mots se reflétait sans bruit
Dans ses yeux myosotis où vibraient des lueurs…
…elle a touché mon cœur…
Elle souriait parfois, au gré de sa lecture
Son visage voguait en divines courbures
Dérivant au hasard sur des flots de douceur…
…elle a volé mon cœur…
Sur un dernier soupir, elle posa son roman
Pour porter à ses lèvres un précieux mazagran,
Elle souffla sur son thé dissipant les vapeurs…
…elle a volé mon cœur…
Dans ce geste banal, ces longs doigts m’apparurent
L’avant dernier portait, solitaire parure,
Une alliance d’or…ça m’a brisé le cœur…
…ça m’a brisé le cœur…
