Cavale Nocturne
Un soir, je vis ces gens fouiller la ruelle,
Cherchant les fruits d'une récolte cruelle.
Ils portaient devant eux un immonde duel:
Deux forces ainsi égales en haine mutuelle.
L'ignoble carosse laissait la trace atroce,
À chaque tour de roue, d'une vie sans force,
Prenant, dévalisant les restants d'écorce,
Morts dans le tourbillon d'un peuple féroce.
Ils courraient la vie sans l'ombre d'un soucie,
Et cueillaient sans remords ces cadavres retors,
Délaissés tels des morts, sachant sans avoir tort,
Que partout où l'on vit, on ne dit plus merci.
Je trouvai, à les voir dans un ciel jamais noir,
Qu'ils étaient semblables à ces gardiens du styx,
Emportant les damnés sans plus les ramener,
Comme on en trouverait dans le coeur des limbes.
Buckingham, Septembre 2010
septembre 2010
premier poème, soyez indulgents
premier poème, soyez indulgents
