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Le calvaire

Que s’élève un calvaire
Devant ce paysage
De plis et de rivages
Suçotés par la mer,

Singuliers équipages
Que ces amas de pierres
Arrosés de lumière
Qui semblent des mirages ;

Le vent chargé de sel
Dépose des chevelures
Tristes enluminures
D’herbes et de goémon,
Creuse de profondes rides
Sculpte des lèvres arides
Que l’océan avide
Laisse humides
En partant.............

Les rieuses mouettes
Excrétrices et volages
Fabriquent des visages
En faisant des omelettes,
Puis leur rire sardonique se dissout dans la brise
Quand le jour s’amenuise
En une peau de chagrin..........

Singuliers équipages
Que ces amas de pierres
À qui l’étoile polaire
Donne vie dans l’orage..........

Voyageur égaré
Sur la lande pelvienne,
Que n’es-tu demeuré
Près de ta vénitienne ?

Horreur stroboscopique !
Des bras se sont tendus,
Dans le bleu métallique
Des os se sont tordus.

L’océan, doux ronfleur
S’étire suavement
Pour porter quelques fleurs
Aux pierres marmoréennes.............

La nuit a fait bouillir l’horizontalité,
Des statues décharnées esquissent
Un sourire ...............
Elles entourent, ces sorcières
(Que c’en est indécent)
Les ruines d’un calvaire
Abattu par le vent.

© Poème posté le 04/11/2010 par Ch.Lieb

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