Un miracle
J’ai ouï-dire qu’on lit, par un auteur ancien,
Dans certains textes d’évangiles apocryphes,
Ecrits en copte, ou bien, peut-être, en hiéroglyphes,
Qu’enfant, Jésus, un jour ne se sentait pas bien
D’avoir porté des madriers de pin syrien
Pour le chantier d’un dénommé Caïphe
(Le même qui, plus tard, deviendra Grand Pontife !) :
« Maman, dit-il, mes reins me font un mal de chien ! »
Or, pour remède à la douleur qui handicape
Son divin Fils, Marie a pressé quelques grappes
De raisin de Judée, acheté au voisin.
Elle en offre un calice au futur Fils de l’Homme :
Ainsi furent guéris, et mieux qu’au jus de pomme,
Les deux reins de Jésus par du jus de raisin.
