Eté 76
1
A hue, à dia qu’importe mais sauvons-nous loin de cette oppressante foule.
Eté 1976. J’avais seize ans.
Et le soleil dardait si fort qu’il anéantissait nos esprits et nos corps.
Qu’avais-je accepté de suivre cette bande de niais éberlués par la Fête foraine que je détestais tant.
J’étais à l’époque mal assortie d’un amant qui n’en portait que le titre et dont je vous tairai le nom, d’ailleurs je ne m’en souviens pas.
A hue, à dia qu’importe mais éloignons-nous loin de la bruyante cohue.
Gavée de rengaines et de pomme d’amour, j’échappai à mon avorton de compagnon et à la poupée qu’il avait eu le mauvais goût de gagner et la stupide idée de m’offrir.
Je m’engouffrai dans un manège de chevaux de bois ; un carrousel du siècle dernier sauvé pour mon bonheur de la destruction.
A hue, à dia qu’importe mais galopons vers des pays étranges, des pays antiques
Le manège s’ébranla et ma tête tournait et ma monture montait puis descendait au rythme de sa mécanique grinçante
Je serrai fort entre mes cuisses ses flans à la peinture écaillée, entre mes doigts sa pauvre crinière
Pourtant si pondérée à mon ordinaire, je m’enflammai d’un indicible désir. Lors un hennissement me tira de ma voluptueuse rêverie.
- Comment pourrais-je rester de bois sous tes caresses audacieuses ?
A hue, à dia qu’importe mais emportes-moi loin des odeurs de fritures et de sueur
Son encolure se gonfla, son poitrail s’échauffa. Mon imagination s’envola sur le souffle de ses naseaux.
Mon destrier m’enleva pour de lointaines contrées, pour un voyage de luxure.
J’étais son Amazone, il était mon Centaure.
A hue, à dia qu’importe mais enivrons-nous de nuages et de liberté.
Ce sont les verts bocages de mon pays qui furent témoins de nos plus fougueux ébats. Je goutais si bien aux saveurs de cet empressé inconnu qu’il ne me le fut bientôt plus tout à fait. Quand nos sens se furent assagis, haletants et satisfaits, enivrés de plaisirs et de quelques petites pommes dures et acides, dans un dernier élan il disparut à la fin de l’été vers d’autres conquêtes. Il ne fut pas le premier, encore moins le dernier mais celui qui me guida sur le sensuel chemin qui me menait à toi.
A hue, à dia qu’importe mais égarons-nous sous le doux feuillage d’un dernier hallier oublié de la tronçonneuse du paysan.
Eté 1976. J’avais seize ans.
Et le soleil dardait si fort qu’il anéantissait nos esprits et nos corps.
Qu’avais-je accepté de suivre cette bande de niais éberlués par la Fête foraine que je détestais tant.
J’étais à l’époque mal assortie d’un amant qui n’en portait que le titre et dont je vous tairai le nom, d’ailleurs je ne m’en souviens pas.
A hue, à dia qu’importe mais éloignons-nous loin de la bruyante cohue.
Gavée de rengaines et de pomme d’amour, j’échappai à mon avorton de compagnon et à la poupée qu’il avait eu le mauvais goût de gagner et la stupide idée de m’offrir.
Je m’engouffrai dans un manège de chevaux de bois ; un carrousel du siècle dernier sauvé pour mon bonheur de la destruction.
A hue, à dia qu’importe mais galopons vers des pays étranges, des pays antiques
Le manège s’ébranla et ma tête tournait et ma monture montait puis descendait au rythme de sa mécanique grinçante
Je serrai fort entre mes cuisses ses flans à la peinture écaillée, entre mes doigts sa pauvre crinière
Pourtant si pondérée à mon ordinaire, je m’enflammai d’un indicible désir. Lors un hennissement me tira de ma voluptueuse rêverie.
- Comment pourrais-je rester de bois sous tes caresses audacieuses ?
A hue, à dia qu’importe mais emportes-moi loin des odeurs de fritures et de sueur
Son encolure se gonfla, son poitrail s’échauffa. Mon imagination s’envola sur le souffle de ses naseaux.
Mon destrier m’enleva pour de lointaines contrées, pour un voyage de luxure.
J’étais son Amazone, il était mon Centaure.
A hue, à dia qu’importe mais enivrons-nous de nuages et de liberté.
Ce sont les verts bocages de mon pays qui furent témoins de nos plus fougueux ébats. Je goutais si bien aux saveurs de cet empressé inconnu qu’il ne me le fut bientôt plus tout à fait. Quand nos sens se furent assagis, haletants et satisfaits, enivrés de plaisirs et de quelques petites pommes dures et acides, dans un dernier élan il disparut à la fin de l’été vers d’autres conquêtes. Il ne fut pas le premier, encore moins le dernier mais celui qui me guida sur le sensuel chemin qui me menait à toi.
A hue, à dia qu’importe mais égarons-nous sous le doux feuillage d’un dernier hallier oublié de la tronçonneuse du paysan.
