Sept jours de vie
1
Lundi, j'ai pensé appeler ma soeur, comme si la bonne surprise pouvait mettre fin à la dépression qui l'accompagne depuis plus de dix ans, et je ne l'ai pas fait.
Mardi, j'ai constaté le décès d'un quadra alcoolique, qui s'était soigné avec une pleine boîte de barbituriques, et j'ai vu, dans la pauvreté de ce qui l'entourait chez lui, que son âme était depuis longtemps déjà partie.
Mercredi, j'ai dû prêter avec un pincement, pour deux jours, mes deux rayons de soleil à mes parents, et ai oublié de passer voir mère-grand, seule dans sa maison de retraite depuis des années.
Jeudi, j'ai vu une voiture au fond du ravin, et l'idiot du village, « poil dans la main »qu'on l'appelle, avec son casque de pompier, qui descendait en rappel, pour secourir les blessés improbables.
Vendredi, solitude et ennui, j'en ai profité pour visiter ma jolie coiffeuse, qui m'a révélé comme elle se sentait bien dans cette jolie région, pour oublier le cancer de son fiancé décédé.
Samedi, j'ai assisté au mariage d'un ami ; sa mère et sa soeur étaient encore en deuil du père, cela se voyait, mais lui avançait avec courage, s'excusant presque de poursuivre un bonheur mérité ; j'y ai aussi revu un vieil ami, perdu de vue depuis douze ans;
Dimanche, je me suis empoisonné par imprudence ; comme je suis douillet, j'ai cru mourir, mais cette retraite imposée m'aura permis de relier ces tranches de vie et d'en tirer leçon ;
Nous revoici lundi, et malgré mon mal de crâne, qui excusera peut-être des mots maladroits, sur un air de Lhasa, je rends grâce à dieu pour la richesse de la vie,
Et vous écris, ma soeur, monsieur le quadra décédé, mes p'tits rayons de soleil, toi l'hospitalisé, et toi l'idiot d'urgence, toi la presque veuve, et vous mes amis, et toi l'inconnu,
Que sans peur du lendemain, il faut chercher en tout la beauté, à chaque minute sa poésie,
Et aimer la vie, l'aimer même si, comme a dit l'autre, le temps est assassin, et emporte avec lui les rires de enfants etc...
Mardi, j'ai constaté le décès d'un quadra alcoolique, qui s'était soigné avec une pleine boîte de barbituriques, et j'ai vu, dans la pauvreté de ce qui l'entourait chez lui, que son âme était depuis longtemps déjà partie.
Mercredi, j'ai dû prêter avec un pincement, pour deux jours, mes deux rayons de soleil à mes parents, et ai oublié de passer voir mère-grand, seule dans sa maison de retraite depuis des années.
Jeudi, j'ai vu une voiture au fond du ravin, et l'idiot du village, « poil dans la main »qu'on l'appelle, avec son casque de pompier, qui descendait en rappel, pour secourir les blessés improbables.
Vendredi, solitude et ennui, j'en ai profité pour visiter ma jolie coiffeuse, qui m'a révélé comme elle se sentait bien dans cette jolie région, pour oublier le cancer de son fiancé décédé.
Samedi, j'ai assisté au mariage d'un ami ; sa mère et sa soeur étaient encore en deuil du père, cela se voyait, mais lui avançait avec courage, s'excusant presque de poursuivre un bonheur mérité ; j'y ai aussi revu un vieil ami, perdu de vue depuis douze ans;
Dimanche, je me suis empoisonné par imprudence ; comme je suis douillet, j'ai cru mourir, mais cette retraite imposée m'aura permis de relier ces tranches de vie et d'en tirer leçon ;
Nous revoici lundi, et malgré mon mal de crâne, qui excusera peut-être des mots maladroits, sur un air de Lhasa, je rends grâce à dieu pour la richesse de la vie,
Et vous écris, ma soeur, monsieur le quadra décédé, mes p'tits rayons de soleil, toi l'hospitalisé, et toi l'idiot d'urgence, toi la presque veuve, et vous mes amis, et toi l'inconnu,
Que sans peur du lendemain, il faut chercher en tout la beauté, à chaque minute sa poésie,
Et aimer la vie, l'aimer même si, comme a dit l'autre, le temps est assassin, et emporte avec lui les rires de enfants etc...
