L’orchon
- Avant l’heure une nouvelle naissance s’annonce !
Hâtez-vous, je ne suis déjà pas en avance.
Et le lapin messager s’évanouit
Dans un nuage de poussière d’étoiles.
Une fée gloussait dans ses longs voiles
Des caresses d’un diablotin égrillard.
Le prince des gnomes éméché de sève et de rosée
Glissa sous un tapis de mousse et de lichen.
Les nains jouaient à se culbuter sur des coussins
De feuilles de l’automne précédent.
Et contre une souche l’ogre ronflait.
C’était heureux. Il a la mauvaise manie
D’engloutir les petits d’homme dès leur premier pleur.
Dans un mot comme en deux
Tout étourdis d’agapes et d’amour
Marraines et parrains au passage de Jeannot restèrent sourds.
Oublié sous une racine, à l’esprit noué par une méchante ronce
Un pauvre orchon tout griffu et velu saisit l’aubaine.
Je le trouvai blotti au creux de mon épaule
A l’instant où ma fille aînée poussait son premier cri.
Je ne pus m’empêcher de le balayer d’un revers de main,
Mais le coquin se raccrocha au lange de mon nouveau-né.
- Ton enfant aura un courant d’air dans le crâne
Mais tu verras elle sera très attachante
De toute façon tu n’as guère le choix.
Me fit l’effroyable lutin
Qui disparut dans le douillet berceau.
Ma fille pleurait la nuit, le jour
Dans son couffin, en promenade.
L’orchon lui commettait des frayeurs.
Elle apprit toujours avec retard
Ce que les autres bambins accomplissaient sans délai.
Chaque étape était un soulagement, un exploit, une victoire
Et nous vivions de vaines espérances en faux espoirs.
L’enfant dans un corps devenu adulte riait trop fort
Et son fol esprit vagabondait au-dessus d’un monde
A elle étrange et qui lui échappait.
Hâtez-vous, je ne suis déjà pas en avance.
Et le lapin messager s’évanouit
Dans un nuage de poussière d’étoiles.
Une fée gloussait dans ses longs voiles
Des caresses d’un diablotin égrillard.
Le prince des gnomes éméché de sève et de rosée
Glissa sous un tapis de mousse et de lichen.
Les nains jouaient à se culbuter sur des coussins
De feuilles de l’automne précédent.
Et contre une souche l’ogre ronflait.
C’était heureux. Il a la mauvaise manie
D’engloutir les petits d’homme dès leur premier pleur.
Dans un mot comme en deux
Tout étourdis d’agapes et d’amour
Marraines et parrains au passage de Jeannot restèrent sourds.
Oublié sous une racine, à l’esprit noué par une méchante ronce
Un pauvre orchon tout griffu et velu saisit l’aubaine.
Je le trouvai blotti au creux de mon épaule
A l’instant où ma fille aînée poussait son premier cri.
Je ne pus m’empêcher de le balayer d’un revers de main,
Mais le coquin se raccrocha au lange de mon nouveau-né.
- Ton enfant aura un courant d’air dans le crâne
Mais tu verras elle sera très attachante
De toute façon tu n’as guère le choix.
Me fit l’effroyable lutin
Qui disparut dans le douillet berceau.
Ma fille pleurait la nuit, le jour
Dans son couffin, en promenade.
L’orchon lui commettait des frayeurs.
Elle apprit toujours avec retard
Ce que les autres bambins accomplissaient sans délai.
Chaque étape était un soulagement, un exploit, une victoire
Et nous vivions de vaines espérances en faux espoirs.
L’enfant dans un corps devenu adulte riait trop fort
Et son fol esprit vagabondait au-dessus d’un monde
A elle étrange et qui lui échappait.
à J.M.
