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Le buveur de sang

« Qu’on remplisse ma coupe
Garçon, Jusqu’au raz bord,
Que je m’enivre de la Victoire
Que le peuple par moi mis à genou
M’a offert par les urnes démocratiques »

Le temps n’est certes plus aux bâtisseurs d’Empires
Qui versaient ardemment le sang de leurs vaillants héros
Le temps n’est certes plus aux élus de Dieu, croisés fanatiques de tous poils, aux dictateurs
Qui sacrifiaient à l’autel de leurs bons droits, les sangs impurs

« Qu’on remplisse ma coupe
Garçon, Avec une paille
Que je m’abreuve jusqu’à la lie
Aux veines anémiées du Peuple
Craintif de perdre ce qu’il n’a jamais possédé

Le temps est aux politiques malades d’ambitions, aux usuriers sans scrupules
Qui saignent sans gloire les bras tendus des détresses qu’ils n’entendent pas.
Le temps est aux suceurs de sang, aux rongeurs de moelles, aux vampires
De la misère des sans le sou, des sans-abris, des sans-avenirs,

« Sucez, aspirez donc notre sang, c’est le seul or que nous n’ayons jamais eu,
Prenez Messieurs’Dames les élus et qu’on en finisse ».

« Qu’on remplisse ma coupe
Garçon ! De la mousse et des bulles
Que j’arrose mon jardin
De la dernière goutte de sang,
Mêlée de larmes et de sueurs

Je suis l’élu des Vampires
De la race de Dracula.
Que m’importe la postérité !
Que m’importe qu’aucun Homère, aucun Shakespeare ne chantera mes bassesses
J’ai mis au Feu Histoire et Littérature".

© Poème posté le 16/03/2010 par Ann

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