Souhait
Où est-il, ce voilier à grande aile latine
Qui m’emporte parfois quand souffle l’alizé ?
Partout et nulle part : il est où je devine
Qu’une vision attend un poète avisé.
Volera-t-il encore aux midis embrasés,
Aux matins dont la brume aux falaises dessine
Quelque pin contemplant l’immensité marine,
Aux soirs mouchant l’éclat de leur cieux irisés ?
Je rêve, sur la mer, d’un périple sans fin…
D’être pour les humains un fantôme semblable
Au Hollandais Volant, bienheureux, misérable.
Qu’environné de cris d’albatros, de puffins,
Même si c’est sans moi, mon rafiot de langage
Hanté de mon nom mort, infiniment voyage !
