La grâce
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J’ai toujours préféré cette grâce subtile
Que l’on disait « plus belle encor que la beauté ».
Je n’imiterai pas ces poètes serviles
Qui font tout pour complaire à la modernité !
Mais la grâce n’est pas cette langueur futile,
Un petit doigt levé, dans les salons de thé,
Des coquettes qui font leur douce, leur fragile,
En rêvant de séduire un vague député,
Si la grâce est légère, elle est aussi robuste.
La Vénus de Milo, même réduite au buste,
En incarne la force et l’intime splendeur.
La grâce est naturelle et lance comme un arbre
A travers l’invisible, ou les mots, ou le marbre,
Une sève inspirée, apte à nourrir le cœur.
