Kassàndra
1
Fugace Beauté aux lèvres de vent
Viendras-tu souvent, viendras-tu souvent
M’entendre flûter au soleil levant ?
Mon puits est tari, ma chandelle est morte
Ouvre moi ta porte, ouvre moi ta porte
Car je dépéris – prête-moi main-forte !
Mes rêves s’en vont, les feuilles aussi.
Resterai-je ici, resterai-je ici
Où je me morfonds, triste et indécis ?
Le monde est affreux, tout m’y déconcerte…
Il court à sa perte, il court à sa perte :
Citoyens peureux, dirigeants inertes !
Fondent les glaciers, se vident les mers…
De quel goût amer, de quel goût amer
Comme un goût d’acier sera notre enfer ?
Quand l’Humanité se drogue de fables,
Est-il concevable, est-il concevable
Qu’on puisse éviter l’inimaginable ?
