Nuit de Noël
1
J’ai tant de goût pour les sonnets insignifiants
Que j’en veux écrire un qui ait Noël pour thème.
Et du temps où j’étais de ces enfants confiants
Qui croyaient au Barbu comme à un théorème,
Ranimer l’émotion. Son traîneau stupéfiant,
Je le revois volant sur les toits et qui sème
Des cadeaux, et le Vieux, rubicond, souriant,
Dans son rouge manteau, devant la lune blême,
Un bras levé en train de fustiger ses rennes :
Il zigzague sans fin en laissant une traîne
De poussière étoilée à l’horizon neigeux.
Un enfant réveillé s’est mis à la fenêtre,
Attendant patiemment de voir l’aurore naître
Pour aller au sapin et déballer ses jeux !
