Dame de coeur
Le temps vole à présent si vite sur ma vie
Que j’ai le sentiment d’être au bord de mourir,
Et je ne forme plus de projets d’avenir.
Je n’ai point de regrets, ma faim est assouvie.
Quand je songe à l’époque où me faisait envie,
Tel voyage ou tel bien, tel objet, tel plaisir,
M’apparaît aussitôt le néant qu’un désir
Masque de vaine ardeur, de déception suivie.
Je ne crois plus en rien et je doute de tout.
J’ai jeté dans le jeu jusqu’au dernier atout
Car je sens approcher la fin de la partie.
Mais je garde pourtant une dame de cœur :
Son sourire émouvant suffit à mon bonheur.
Près d’elle, agonisant, je meurs l’âme ravie.
