Car tel est mon bon plaisir
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C’est assez, à la fin ! Les poètes m’ennuient !
Ils n’ont jamais fini de s’ausculter le cœur,
Ou de nous informer de leur vaste malheur,
Je comprends que les gens le plus souvent les fuient.
Leurs sonnets sont aussi assommants que la pluie :
Il faut les voir, prenant des airs de procureur
En lisant ceux de leurs amis ! J’ai en horreur
Ces écrits dont le vers sur la rime s’appuie.
Quand à moi, si parfois je taquine la Muse
Comme faisait jadis le sous-préfet aux champs,
C’est pour le seul motif que la chose m’amuse :
Je n’ai pas dans l’esprit de « composer des chants »
Destinés à charmer de futures cervelles,
Ni de gagner par eux une gloire immortelle !
