Un chant sans echo
Chanter à demi-voix, debout sur la margelle
Du jour qui vient, sans éveiller d’écho.
Chanter le vent, la pluie, le soleil, la tendresse
De l’inconnu qui est Demain.
Oublier le présent, le passé, la tristesse,
Car la vie et la mort, ne sont qu’une étincelle
Courte, oh combien !.
Car même l’infini n’est qu’une passerelle
Sur le gouffre d’un plus grand infini
Qui n’est peut-être qu’un ruisseau coulant sans fin
Vers quoi ?, quel Dieu ou quel néant, peut être ?
Quel serpent qui se mord la queue
Avalant des galaxies au passage
Et chiant des univers neufs ?
Chanter, chanter toujours, quand la voix se fait rauque
Et le pas trébuchant sur les pavés du soir.
Alors qu’on est certain d’avoir passé parfois
A coté de la vie, à coté d’un destin
Plus digne, et de n’avoir pas fait le geste
Qu’on attendait de vous sans oser vous le dire.
Accepter ce qu’on a fait, que l’on ne peut défaire,
Et tout ce qu’on a dit qu’il ne fallait pas dire
Et ce qu’on n’a pas dit qu’il aurait fallu dire.
Et l’effort qui pouvait vous emmener plus loin
Que le pas de la porte, et que l’on n’a pas fait…
Et regarder naître le jour, pousser la graine,
grandir l’enfant, voler l’oiseau, vieillir le monde
que sans le respecter comme nous l’aurions dû,
nous avons dépouillé de sa gloire et vendu
pour quelques fariboles…
Et s’émerveiller encore de la poussière
Qui danse au rayon de soleil dans la chambre
De l’herbe qui frissonne au milieu des décombres
Et de la vague, oh la vague encore et toujours !
Qui vient se faire boire au sable de la plage
Et repart, invisible, inconnue, vers le large…
