La rumeur des villes
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Nous irons écouter les fontaines de Rome,
Les voix de bel canto,
Sous le ciel italien.
Nous irons écouter les cloches de Lisbonne,
Le cristal d'Amalia,
Le cantique des hommes.
Nous irons écouter le vent sur Gibraltar,
Le glissement des gréements
Sur les cauchemars stridents,
L'effroi des clandestins, dans les soutes de hasard,
Un oiseau qui frissonne,
Le cri d'une guitare.
Dans quelle ville iront-ils réchauffer leur misère,
Ces errants dont la peau
A fané sans soleil ?
Quel bar à matelots ou bistrot de l'amer
Etanchera leur peur
De Tanger à Marseille ?
Trouveront-ils, un soir, le miel d'un réverbère
Près de la Canebière
Ou du pont Mirabeau ?
Marcheront-ils longtemps, la faim en bandoulière,
L'espoir au fond des poches,
Dans Calais ou dans Londres ?
Dans la rumeur des villes, j'entends les sans-papiers,
Et les marteaux piqueurs
Qui avivent leurs plaies.
Dans la rumeur des villes, j'entends les immigrés,
Cargos et pateras
Qui accostent les quais.
Laissons chanter sans fin les fontaines de Rome,
Le Danube si bleu,
Les nuits sur Barcelone.
"Emigrer et mourir", la devise des hommes,
Noyons-la dans l'eau trouble
Et que chance résonne.
Automnale
Les voix de bel canto,
Sous le ciel italien.
Nous irons écouter les cloches de Lisbonne,
Le cristal d'Amalia,
Le cantique des hommes.
Nous irons écouter le vent sur Gibraltar,
Le glissement des gréements
Sur les cauchemars stridents,
L'effroi des clandestins, dans les soutes de hasard,
Un oiseau qui frissonne,
Le cri d'une guitare.
Dans quelle ville iront-ils réchauffer leur misère,
Ces errants dont la peau
A fané sans soleil ?
Quel bar à matelots ou bistrot de l'amer
Etanchera leur peur
De Tanger à Marseille ?
Trouveront-ils, un soir, le miel d'un réverbère
Près de la Canebière
Ou du pont Mirabeau ?
Marcheront-ils longtemps, la faim en bandoulière,
L'espoir au fond des poches,
Dans Calais ou dans Londres ?
Dans la rumeur des villes, j'entends les sans-papiers,
Et les marteaux piqueurs
Qui avivent leurs plaies.
Dans la rumeur des villes, j'entends les immigrés,
Cargos et pateras
Qui accostent les quais.
Laissons chanter sans fin les fontaines de Rome,
Le Danube si bleu,
Les nuits sur Barcelone.
"Emigrer et mourir", la devise des hommes,
Noyons-la dans l'eau trouble
Et que chance résonne.
Automnale
