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La petite messagère
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Ta joie de vivre resplendissait
A la simple vue d'une petite messagère,
Toute pimpante, toute fière,
Dans sa robe jaune légère.
Elle annonçait la saison des amours,
Des améthystes sur les bruyères.


Oh ! Les giboulées pourraient bien tomber
Sur les églantiers, les noisetiers,
Sur le vieux colombier,
Cela n'empêcherait pas la tourterelle de roucouler,
L'hirondelle de gazouiller,
Ni tes rires de ricocher.


Près de l'abbaye, un aquarelliste
Imiterait Sandro Botticelli,
Le coucou répèterait le concerto d'Antonio Vivaldi,
Et toi, tu sèmerais tes grains de folies,
Tes brins de bonheur,
Tes pollens de facéties.


Comme tu te réjouissais
A l'idée de retrouver les nymphéas,
Les vagues bohémiennes
Sur notre île aux camélias,
La vanesse ivre de seringas,
Nos déjeuners sur l'herbe ou sous la pergola !


Mais, telle la douce fleur de cerisier
Que le zéphyr emporte
Vers d'autres paysages,
D'autres rivages,
Tu es partie dans la lumière,
Au gré du vol d'un éphémère.


C'était à la saison des amours,
Des améthystes sur les bruyères.
Et, sur la route menant au cimetière,
Elle t'attendait, dans sa robe jaune légère,
La petite messagère,
La première primevère.


Automnale





© Poème posté le 02/06/2009 par Automnale

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