J' délire grave !
A ceux que le pet occupe
Je dis : pétez de bon cœur
Sans que l'on se préoccupe
De vouloir péter en choeur
Car la force des essences
Pourrait tracasser le temps
Beaucoup trop de concordance
Pour évacuer les vents
Ferait venir des tempêtes
Des typhons, des ouragans
Alors, que chacun trompette
Dans son coin, discrètement !
Les parfums en leur mélange
Troubleraient l'ordre public
Les bébés encore aux langes
Y perdraient leur ombilic
Les vieillards perdraient la tête
Dans la forêt des odeurs
Les ados, à leurs conquêtes
Ne pourraient parler de fleurs
Dans le ciel de lourds nuages
Gris, noirs, s'amoncelleraient
Les voyageurs sans bagages
Hagards, perdus, s'en iraient
Chercher en vain sur les plages
Un air désodorisé
Par les embruns du grand large
Qui pourrait aseptiser
Ces relents, cette charogne
Ces souvenirs d'oeuf pourri
Qui des bords de la Dordogne
Aux jardins de Giverny
Des cimes de Catalogne
Aux pentes du Mont Cenis
Circuleraient sans vergogne
Jusqu'aux portes de Paris
J'arrête là mon délire
Pour ne pas vous effrayer,
Et tout cela pour vous dire
D'être discrets en vos pets !
