La peur dans la terre, creusée et retournée
Écrase l'aube pâle où le soleil attend
La vie semble endormie, mais son cœur palpitant
Compte les minutes, jusqu'à sa destinée.
Des saignées boueuses s'élance une traînée
De clameurs étonnées, soudain l'effroi s'étend
Incrédule devant ce mur jaune flottant
Rampant vers les hommes, pourriture incarnée.
Cette brume inconnue dépose son manteau
Mortel et implacable. étreint dans son étau
Les malheureux rongés par ce brouillard acide.
Je ne peux pas hurler, seulement chercher l'air
Je m'écroule à mon tour, le visage livide
À Ypres* je m’éteins, tué par cet éther.
