Toi chemineau perdu
Aux fantastiques loques
Balafré de la vie,
Arpenteur des trottoirs
Titubant à tâtons,
Tel un vieux tamanoir,
Muraille sans écho
Poursuis ton soliloque.
Sous ta morne défroque
Dans l’impasse de glace
Le vent te cherche noise,
Les feuilles rabougries
Dansent en rond, sournoises.
Et qu’il bruine ou brumaille
Tout clabaude et te raille,
Le vent du Nord, canif
Lacère ta peau à vif.
Les loups grisés s’en vont
Boire une goutte d’ombre
Sous la bruine et la pluie.
La nuit, belle charogne
Se repaît de tes doutes.
Toi, buveur d’amertume,
Tu louvoies ta rengaine
Entre brume et bitume.
Ah ! Qu’un simple bonjour
Tisonnerait ton cœur
Fendu de désespoir !
Tu titubes à tâtons,
Tel un vieux tamanoir
Muraille sans écho
Poursuis ton soliloque
Mais demain, espérant
Un rendez-vous ami
Compagnon de route
Qui t’a juré, promis
De raviver la flamme
Où chauffer tes mains roides
Demain, elle viendra
Embrumer ton âme
La fiancée rêvée
Avec ses lèvres froides.
