A moi qui laisse, lisse, aller le cours des heures
sur la plage où la vague étale son dimanche
raconte-moi la mer obstinée, sa fureur
encornant les récifs, fracas de rage blanche.
Raconte-moi la mer, colères écumantes,
ses oiseaux querelleurs aux festins carnassiers
tandis qu’en moi s’égoutte une complainte lente,
étranglée par le temps coulant au sablier
Raconte-moi l'effort du marin, ses sueurs
pour tenir la tempête en laisse jusqu'au port
alors que sur l’estran, plongée dans ma torpeur
ignorant leur combat, placide, je m’endors.
