L’eau m’entoure, insuffle le néant dans mon cœur
Remplace mes pensées, obscurcit tout mon monde,
Sous mes yeux le fond blanc, en moi le souffle gronde
De l’air, une goulée, à nouveau la fraîcheur.
L’apnée forcée m’étreint, les mains sont sans douceur
Ne pas m’abandonner, compter chaque seconde
Tenir encore un peu, dans ce liquide immonde
Je pense à mes frères, au retour du bonheur.
J’étais Jean, je suis Max, dans l’ombre j’ai œuvré
Pour unir la lutte, vous autres vous vivrez
Ils ont brisé mon corps, fondu dans la douleur.
Je m’éteins sans un mot dans ce train qui m’emporte
J’ai hurlé, mais rien dit, la France est mon honneur
Un jour je franchirai fièrement d’autres portes*.
