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Dès les premiers frimas la pluie et la gadoue
Redonnent un peu de mou au sol aride et sec
Dans l'humide linceul je saurai vivre avec
Quand vient se condenser ses larmes sur ma joue.
Ce voile opaque rend mon image un peu floue
La brume féminise Ô parfois un blanc-bec
Soit en jeune mariée ou en éphèbe grec
Souvent dans le brouillard c'est là que tout se joue.
Lorsque l'automne entonne un air de violon
Il semble que nos jours étrécis sont moins longs
Je sens déjà le temps agir sur mes vertèbres.
Quand commence à souffler sur mon dos l'aquilon
L'homme sous ce vélum devient un mirmillon
Que soudain le destin insidieux enténèbre.
