Nous n’irons plus au bois les brumes l’ont mangé
le vallon s’est noyé dans une trouble absinthe
la grisaille a feutré les coteaux vendangés
un camaïeu d’embruns les brosse en demi-teinte
Etouffant un soleil dolent qui agonise
-Nous n'irons plus au bois- les brouillards se déploient.
Les chemins défoncés, morveux, pleins de traîtrises
s'égarent englués , nous mettant aux abois.
Le geôlier de l’hiver va pousser ses verrous
Et ranger au placard les amours buissonnières.
Nous n’irons plus au bois, les chimères des fous
Fondent sous le crachin d'un jour crépusculaire.
Drapés dans les douceurs d'une laine complice
un chat sur les genoux près de l’âtre qui fume
nous allons sommeiller tapis dans la coulisse
tout en rêvant au bois qui pour nous se consume.
