La nuit s'en est allé
Mais le jour ce matin
N'est toujours pas levé
Pour que l'on n'y voie rien.
Hier soir, un orage
Sur la ville a fait rage
Et voilà le brouillard
Et son voile blafard.
Tout est flou, embrouillé,
Dans le vague noyé
Pour que les moindres bruits
Soient aussi assourdis.
Composant ce tableau
Où tout est contre-jour,
C'est un épais manteau
Qui couvre tout l'entour.
Dans ce morne décor
Opaque et incolore
Chaque chose se cache
Sans laisser une trace.
Par bonheur, rien ne dure
Et au fur, à mesure
De chacune des heures
Se dissout la vapeur.
Lors avec la lumière
Voilà que tout s'éclaire
Sauf dans un coin des cieux
Encore nébuleux:
C'est un ruban de brume
Qui nimbe les collines,
Un brouillard qui s'exhume
Et s'étiole, chemine.
Dès lors en suspension
Ces langes de coton
S'étirent dans les cieux
Pour le plaisir des yeux.
La brume en fin nuage
Balade ses images
Et inspire au poète
Des tableaux de grand-maître.
Sur les monts qu'elle assiège
Elle se désagrège
En perles de rosée
Propice à hydrater.
Sans son voile brouillé
La brume évaporée
Dissipe les fantômes
De son diffus royaume.
Poème écrit par
Louis Vibauver
Brouillard et brume
1
Tous droits réservés © Poème posté le 01/10/2026 par Louis Vibauver
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