Dans l’air d’une impérissable thébaïde,
les ailes réduites
à chercher un art de vivre
capable de prendre à contre-pied
le vent de la réalité,
ce désert où s’égare le sentiment.
Est-ce un sort inéluctable
pour les âmes sensibles
ou simplement curieuses ?
Tout cela remonte à bien longtemps.
Le calvaire est passé.
Moi-même, j’ai changé.
Pourtant, nul ne s’éloigne
longtemps de son destin.
Hier pessimiste,
aujourd’hui encore je le demeure,
l’œil accroché
à une philosophie éphémère.
De cet arbre,
je cueille le fruit le plus mûr,
je le savoure avec gourmandise,
avec tendresse,
puis j’enterre sa peau
au pied de ses racines.
Mais dis-moi, mon amour,
quand tu seras partie,
restera-t-il quelque chose de nous
dans le creux de mes mains ?
M’aimeras-tu encore
comme au premier jour ?
