La brume est monotone en ce soir d’automne.
Pourtant elle a à faire.
Les jardins, le matin, ruissellent de ses gouttes
Qui lentement s’en vont au soleil triomphant.
Elle envahit les plaines et les champs endormis,
Les rivières asséchées d’un été chaleureux
Qui a régné sur elles plus qu’il ne le fallait.
La brume est courageuse.
On la voit sur le lit d’un fleuve endolori
Léchant les bateaux blancs et leurs voiles muettes.
On l’aperçoit aussi prés d’un lac clément
Où glissent lentement les cygnes aux ailes blanches.
La brume se faufile au gré de ses humeurs.
Les toiles d’araignées l’accueillent avec douceur
Et dessinent avec elle des arrondis sans fin
Tels des ronds diaphanes dans l’air frais du matin.
Ô ma brume légère, continue ton chemin.
L’hiver qui console ta peine est encore bien loin.
En attendant demain qui viendra t’apaiser
Je te touche du cœur et laisse ta blancheur ainsi se reposer.
