Ils sont tous réunis, ensemble sur les bancs
La famille au complet, il ne manque personne
Sauf moi, seul tout au fond de ce lieu où résonnent
Des paroles d'espoir embellies par les chants.
Je ne vois ni n'entends, mon cœur est mis à nu
Les vitraux irisés rient de me voir ainsi
Le temps s'en est allé en cet instant précis
Je prie pour que cessent les chœurs portés aux nues.
J'ose et m'avance un peu, sans aucun embarras
Murmurant doucement, submergé par la pluie
Puis je m'en vais courant sous un soleil de nuit
Sûr qu'elle comprendra, et m'ouvrira ses bras.
J'erre dans les allées, portant mon lourd fardeau
Au milieu de ces noms oubliés à jamais
Lentement se disperse la foule de jais
Et dans ce lit de pierre je dépose un cadeau.
Pas de bruyère en fleur, ni bouquet de houx vert
Mais un simple caillou et une écharpe blanche
Avant qu'on ne referme en ce triste dimanche
Le caveau où s'endort le cercueil de ma mère.
