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Le corps qui parle

hommage...

Au milieu du cadre elle s'avance
dans le silence de son regard
l'émotion retenue dissipe l'artifice
force qui tremble sans décor
plein écran du cœur

debout encore aux heures sans appui
avance vulnérable dans la nuit
la détresse sans détour
une présence
une juste tendresse

​sous le rôle naît une vérité
la pudeur mise à nu
ouvre nos douleurs endormies
les images fécondent
minimales

interprète traversée de vies
parmi les nôtres
son visage se tourne vers nous
et rend à nos pas
le fil de l'existence

---ooOoo---

Sonnet originel*

Elle entre dans le champ, le silence l'écoute ;
le regard parle vrai à un monde factice ;
l'émo-ti-on à fleur dissipe l'artifice,
et son corps laisse voir une force qui doute.

Rester debout encore aux heures sans appui ;
sans détour ni calcul, accueillir la détresse ;
offrir une présence, une juste tendresse ;
vulnérable, elle avance et se fond dans la nuit.

Au-delà du rôle naît une vérité,
sa pudeur est l'abri d'une fragilité
qui révèle à chacun des images fécondes.

Interprète habitée aux diverses présences,
son visage se tourne vers les yeux de ce monde ;
elle rend à nos pas le fil de l’existence.
Le poème de tête est né d'un conflit avec la forme.
Devant le jeu de Nathalie Baye dans Le Petit Lieutenant, j'avais écrit un sonnet, mais la rigueur de l'alexandrin phagocytait l'émotion.
Pour lui rendre cette force vulnérable, il a fallu casser la structure, laisser l'intuition et la dissymétrie imposer leur rythme, avant de retrouver le fil de l'existence...

Tous droits réservés © Poème posté le 29/06/2026 par Besac

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