La chanson de l’esclave noire
2
Le grand roi Salomon m’a dit
Alors qu’il partait en voyage
Le lendemain du samedi :
« Serais-je d’humeur si volage ?
Mon temple et mes trésors m’ennuient
Je reçois mille et un hommages
Mais les félicités me fuient.
Mon bonheur manque de nuages. »
L’amour vient de la haine,
Le plaisir de la peine,
La vertu de la peur,
Le repos du labeur.
Le bédouin prophète m’a dit
Alors qu’il était en voyage
Dans les jardins du paradis :
« Je me sens comme un fauve en cage
Dans mon empire d’Arabie.
L’Orient aux cent paysages
Me donne la mélancolie.
Quand donc s’achèvera mon âge ? »
Aux heureux la souffrance,
Aux perdus l’espérance,
La honte aux glorieux,
Le doute aux audacieux.
L’illustre Alexandre m’a dit
Alors qu’il était en voyage
Chez un calife de Sidi :
« N’avez-vous point chez vous un mage
Qui parle souvent d’harmonie,
Et qui fabrique des mirages
Qui rendent parfaite la vie ?
Je voudrais rencontrer ce sage. »
Si vous goûtez la rose
Qui vous métamorphose,
Vous oublierez aussi
La joie et le souci.
Si vous goûtez la fleur
Sans bon ni sans mal heur
Vous serez comme un mort
Indifférent au sort.
Alors qu’il partait en voyage
Le lendemain du samedi :
« Serais-je d’humeur si volage ?
Mon temple et mes trésors m’ennuient
Je reçois mille et un hommages
Mais les félicités me fuient.
Mon bonheur manque de nuages. »
L’amour vient de la haine,
Le plaisir de la peine,
La vertu de la peur,
Le repos du labeur.
Le bédouin prophète m’a dit
Alors qu’il était en voyage
Dans les jardins du paradis :
« Je me sens comme un fauve en cage
Dans mon empire d’Arabie.
L’Orient aux cent paysages
Me donne la mélancolie.
Quand donc s’achèvera mon âge ? »
Aux heureux la souffrance,
Aux perdus l’espérance,
La honte aux glorieux,
Le doute aux audacieux.
L’illustre Alexandre m’a dit
Alors qu’il était en voyage
Chez un calife de Sidi :
« N’avez-vous point chez vous un mage
Qui parle souvent d’harmonie,
Et qui fabrique des mirages
Qui rendent parfaite la vie ?
Je voudrais rencontrer ce sage. »
Si vous goûtez la rose
Qui vous métamorphose,
Vous oublierez aussi
La joie et le souci.
Si vous goûtez la fleur
Sans bon ni sans mal heur
Vous serez comme un mort
Indifférent au sort.
