La rose trémière
1
La généreuse ondée du matin qui s’attarde
A défroissé les plis des paupières mi-closes
Qui se fardent de blanc, d’écarlate ou de rose ;
Leurs grands yeux de satin maintenant nous regardent.
Comme un vaisseau de guerre hissant haut ses couleurs,
La passerose aussi pavoise le jardin ;
De sa corolle ourlée d’un soupçon de dédain
Elle éclipse uniment ses voisines, ses sœurs.
L’iris et l’agapanthe ont beau se pavaner,
Nul n’égale en fraîcheur ses miroirs de lumière
Noyant de leur éclat la pivoine incendiaire
Et la jonquille d’or au col amidonné.
Mais la primerose est fugitive et légère ;
Balancée par la brise, elle plie ses rameaux
Et s’incline au seul poids d’un tout petit moineau ;
L’orage aura tôt fait de la rendre à la terre.
A défroissé les plis des paupières mi-closes
Qui se fardent de blanc, d’écarlate ou de rose ;
Leurs grands yeux de satin maintenant nous regardent.
Comme un vaisseau de guerre hissant haut ses couleurs,
La passerose aussi pavoise le jardin ;
De sa corolle ourlée d’un soupçon de dédain
Elle éclipse uniment ses voisines, ses sœurs.
L’iris et l’agapanthe ont beau se pavaner,
Nul n’égale en fraîcheur ses miroirs de lumière
Noyant de leur éclat la pivoine incendiaire
Et la jonquille d’or au col amidonné.
Mais la primerose est fugitive et légère ;
Balancée par la brise, elle plie ses rameaux
Et s’incline au seul poids d’un tout petit moineau ;
L’orage aura tôt fait de la rendre à la terre.
