Entre terre et mer
Il prend son temps, le temps devant soi, sous un soleil de printemps, son 51 sous la main, pour faire le plein, après avoir acheté son pain, dans le pmu du coin.
Il ne dit rien, il sent, il se sent être pleinement, pleinement, en adéquation avec la philosophie d’Alberto Caeiro et d'Albert Camus.
Son smartphone sur sa paume.
Habillé comme un tropezien, avec ses mocassins, short et polo lacoste bleu marine, parfumé à bleu de chanel... Nicolas est déjà allé à Saint Tropez, en touriste. Ça n’a pas le même parfum que soucieux en jarrest.
Mais soucieux en jarrest c’est son village et rien n’est plus paisible que son village, ses champs de pommiers, son terrain de pétanque et ses bistrots authentiques.
Bercé par le chant des oiseaux et le passage des autos qui imitent le son des vagues qui déferlent sur le sable.
Monsieur fait défiler son ecran, comme on ferait défiler des mannequins sur une planche, il surf sur les vagues du web, (il a déjà essayé de surfer sur des vrais vagues, c’etait pas à saint tropez mais à Hendaye, et il a failli y rester, c’etait la première et la dernière fois qu'il voyait des étoiles sous le bleu du ciel. Parti d’un enthousiasme inconscient il fut Chaos dès le premier round.
Aujourd'hui c’est un vague souvenir enfoui dans l'océan de la mémoire).
Revenons au présent.
Il recommande un pastis au patron du bar. Après la troisième gorgée, les clients sur le comptoir deviennent un peu plus flous comme une peinture d’Auguste Renoir puis comme celle d’une de Claude Monet, il détourne le regard et ils ne deviennent plus qu’un fond sonore, comme un bruit insignifiant, comme des voix qui meublent sa solitude, comme si il était seul sur la terrasse du café. Seul au monde. Pas la moindre passante pour le distraire. Même pas ce retraité habitué à passé avec son chien, sa canne et son béret bleu crème, n’est au rendez-vous.
Des passantes, il y en aurait à Saint Tropez.
Il est seul sur la terrasse du café autant qu'il peut l’être dans son lit. Comme il peut l’être dans la foule autant que quand il se torche le derrière, seul, seul et étranger face à lui même.
Car qui prétend se saisir? En vérité nous nous echapons à nous même, comme un poisson fuyant... "Je suis autre chose que ce que je pense être. Et ce que je pense être, est autre chose que ce que je suis. L'essentiel étant devenir le meilleur de soi même. "
Après cette petite pensée métaphysique, il recentre son attention sur l’écran de son smartphone, sur des articles de presse plus ou moins intéressants aux sujets très divers, qu’il sélectionne et partage sur watsap et enregistre dans son bloc note. Qui sait si cela ne l’aidera pas à briller en société, dans un autre apéro avec ses amis et les amis de ses amis?
Il ne pense pas, il regarde, de la même manière qu'on puisse regarder un paysage, paysage numérique toutefois, et ce regard nourrit son intelligence.
" Demain j'aurai sûrement oublié tout cela...
C’est pourquoi j'enregistre, mais sans nul doute que je ne revisiterai jamais la majorité de ces articles, et qu'ils s'évaporront dans la fumée evanescente de ma mémoire." Se dit il.
Puis les murmures des clients recaptivent son attention, ils parlent de Trump de l'olympique Lyonnais et de l'Iran. Ce qui le presse à terminer son verre. Pour éviter la torture des paroles de ces gens incompétents. Nicolas paie l'addition puis une fois sur le trottoir se met à marcher en mode automatique hypnotisé par ses propres pensées, en se remettant dans la peau de Tony Manero, et en pensant à ce qu'il va se mettre dans la pince ce midi.
Il enfile ses lunettes de soleil avec une assurance à couper le souffle, et soudainement cette pensée s'impose à lui : "l'avenir m'appartient".
Puis se remet à penser au film d’Arnold Schwarzenegger "total recall".
C’est vraiment le meilleur film de tout les temps se dit il...
À chaque fois qu’il ouvre son portillon, il a depuis quelques mois, cette idée fixe qui lui revient systématiquement : "il faudrait un jour mettre un peu d'huile dans les charnières car se grincement commence à devenir un peu désagréable."
En ouvrant son placard, il décide que pour aujourd'hui ça sera des raviolis.
Son portable vibre, et voilà encore un message de fred, peut être a t’il réagi à l’un de ses articles... C’est peut être ça, mais déjà, il ne se souvient plus quel article il lui a envoyé...
Il ne dit rien, il sent, il se sent être pleinement, pleinement, en adéquation avec la philosophie d’Alberto Caeiro et d'Albert Camus.
Son smartphone sur sa paume.
Habillé comme un tropezien, avec ses mocassins, short et polo lacoste bleu marine, parfumé à bleu de chanel... Nicolas est déjà allé à Saint Tropez, en touriste. Ça n’a pas le même parfum que soucieux en jarrest.
Mais soucieux en jarrest c’est son village et rien n’est plus paisible que son village, ses champs de pommiers, son terrain de pétanque et ses bistrots authentiques.
Bercé par le chant des oiseaux et le passage des autos qui imitent le son des vagues qui déferlent sur le sable.
Monsieur fait défiler son ecran, comme on ferait défiler des mannequins sur une planche, il surf sur les vagues du web, (il a déjà essayé de surfer sur des vrais vagues, c’etait pas à saint tropez mais à Hendaye, et il a failli y rester, c’etait la première et la dernière fois qu'il voyait des étoiles sous le bleu du ciel. Parti d’un enthousiasme inconscient il fut Chaos dès le premier round.
Aujourd'hui c’est un vague souvenir enfoui dans l'océan de la mémoire).
Revenons au présent.
Il recommande un pastis au patron du bar. Après la troisième gorgée, les clients sur le comptoir deviennent un peu plus flous comme une peinture d’Auguste Renoir puis comme celle d’une de Claude Monet, il détourne le regard et ils ne deviennent plus qu’un fond sonore, comme un bruit insignifiant, comme des voix qui meublent sa solitude, comme si il était seul sur la terrasse du café. Seul au monde. Pas la moindre passante pour le distraire. Même pas ce retraité habitué à passé avec son chien, sa canne et son béret bleu crème, n’est au rendez-vous.
Des passantes, il y en aurait à Saint Tropez.
Il est seul sur la terrasse du café autant qu'il peut l’être dans son lit. Comme il peut l’être dans la foule autant que quand il se torche le derrière, seul, seul et étranger face à lui même.
Car qui prétend se saisir? En vérité nous nous echapons à nous même, comme un poisson fuyant... "Je suis autre chose que ce que je pense être. Et ce que je pense être, est autre chose que ce que je suis. L'essentiel étant devenir le meilleur de soi même. "
Après cette petite pensée métaphysique, il recentre son attention sur l’écran de son smartphone, sur des articles de presse plus ou moins intéressants aux sujets très divers, qu’il sélectionne et partage sur watsap et enregistre dans son bloc note. Qui sait si cela ne l’aidera pas à briller en société, dans un autre apéro avec ses amis et les amis de ses amis?
Il ne pense pas, il regarde, de la même manière qu'on puisse regarder un paysage, paysage numérique toutefois, et ce regard nourrit son intelligence.
" Demain j'aurai sûrement oublié tout cela...
C’est pourquoi j'enregistre, mais sans nul doute que je ne revisiterai jamais la majorité de ces articles, et qu'ils s'évaporront dans la fumée evanescente de ma mémoire." Se dit il.
Puis les murmures des clients recaptivent son attention, ils parlent de Trump de l'olympique Lyonnais et de l'Iran. Ce qui le presse à terminer son verre. Pour éviter la torture des paroles de ces gens incompétents. Nicolas paie l'addition puis une fois sur le trottoir se met à marcher en mode automatique hypnotisé par ses propres pensées, en se remettant dans la peau de Tony Manero, et en pensant à ce qu'il va se mettre dans la pince ce midi.
Il enfile ses lunettes de soleil avec une assurance à couper le souffle, et soudainement cette pensée s'impose à lui : "l'avenir m'appartient".
Puis se remet à penser au film d’Arnold Schwarzenegger "total recall".
C’est vraiment le meilleur film de tout les temps se dit il...
À chaque fois qu’il ouvre son portillon, il a depuis quelques mois, cette idée fixe qui lui revient systématiquement : "il faudrait un jour mettre un peu d'huile dans les charnières car se grincement commence à devenir un peu désagréable."
En ouvrant son placard, il décide que pour aujourd'hui ça sera des raviolis.
Son portable vibre, et voilà encore un message de fred, peut être a t’il réagi à l’un de ses articles... C’est peut être ça, mais déjà, il ne se souvient plus quel article il lui a envoyé...
