L’apéro (d’un malheureux)
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À première vue, il nous réunit et nous remplit de ses plaisirs. Mais aux yeux du malheureux, il n’est qu’une chambre de miroirs, reflétant — dans les pupilles alentours — sa propre solitude. En entendant tout le monde rire, lui n’y ressent qu’une nostalgie sourde. Croyant pouvoir combler le vide en lui, il s’empiffre, se remplit jusqu’à saturation, et s’enivre de vin. En vain, car ce spectre intérieur brûle tout ce qui y pénètre, ne laissant subsister qu’un abysse sans fond.
L’allégresse commune n’efface pas la douleur qu’il porte. La compagnie immédiate ne dissout pas la solitude intérieure. Le divertissement, loin de l’apaiser, ne fait que renforcer son ennui quotidien.
Alors, afin de masquer cet abîme, il reprend un verre, une bouchée, un rire… Et le stock de plaisirs s’amenuise peu à peu, jusqu’à ce que la dernière bouchée qu’il consomme ne soit autre que lui-même.
L’allégresse commune n’efface pas la douleur qu’il porte. La compagnie immédiate ne dissout pas la solitude intérieure. Le divertissement, loin de l’apaiser, ne fait que renforcer son ennui quotidien.
Alors, afin de masquer cet abîme, il reprend un verre, une bouchée, un rire… Et le stock de plaisirs s’amenuise peu à peu, jusqu’à ce que la dernière bouchée qu’il consomme ne soit autre que lui-même.
Fragment d’une phénoménologie poétique sur l’amour et la solitude.
