Sciatique (Pastiche : fantaisie de Nerval)*
2
Il est un nerf qui souvent me torture
Et me laisse éveillé la nuit durant,
Un nerf secret, pervers et perforant,
Qui seul connaît la douleur que j’endure.
Or, chaque nuit quand je viens à souffrir,
De cinquante ans mon pauvre corps vieillit :
C’est une souffrance à vouloir mourir,
Un spasme aigu qui dans la chair jaillit.
Puis un calme soudain qui me picote
L’extrémité gauche du gros orteil,
Un bref apaisement qui me grignote
Tendrement jusqu’aux portes du sommeil.
Puis brusquement, une onde fulgurante
Qui me réveille et à nouveau m’habite,
Qu’on appelle névralgie torturante
Et qui désormais jamais ne me quitte !
Et me laisse éveillé la nuit durant,
Un nerf secret, pervers et perforant,
Qui seul connaît la douleur que j’endure.
Or, chaque nuit quand je viens à souffrir,
De cinquante ans mon pauvre corps vieillit :
C’est une souffrance à vouloir mourir,
Un spasme aigu qui dans la chair jaillit.
Puis un calme soudain qui me picote
L’extrémité gauche du gros orteil,
Un bref apaisement qui me grignote
Tendrement jusqu’aux portes du sommeil.
Puis brusquement, une onde fulgurante
Qui me réveille et à nouveau m’habite,
Qu’on appelle névralgie torturante
Et qui désormais jamais ne me quitte !
Fantaisie
Gérard de Nerval
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.
Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !
Gérard de Nerval
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.
Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !
