La bourse déliée
1
À l’étal de ses pains aux raisins pleins de vie,
Un nommé Balthazar, cravaté de travers,
Venait chaque matin, l'âme en boulangerie,
Acheter son bâtard d’un air fort militaire.
Il murmurait tout bas : « Ô diablesse des fours,
Tes doux bras sont baguettes, tes yeux sont croissants. »
Mais, lesté comme un chou par de vieilles amours,
Il payait dans l'émoi ses désirs croustillants.
Or notre boulangère, en secret volcanique,
Le rêvait en éclair, en levain, en musique...
Et voyait en son torse brioche au safran.
Seuls au monde, un matin, la pâte prête à cuire,
La caisse enfin s’ouvrit, à la bourse, à ses francs ;
Ils s’embrassèrent tant que les flûtes s’enfuirent.
Un nommé Balthazar, cravaté de travers,
Venait chaque matin, l'âme en boulangerie,
Acheter son bâtard d’un air fort militaire.
Il murmurait tout bas : « Ô diablesse des fours,
Tes doux bras sont baguettes, tes yeux sont croissants. »
Mais, lesté comme un chou par de vieilles amours,
Il payait dans l'émoi ses désirs croustillants.
Or notre boulangère, en secret volcanique,
Le rêvait en éclair, en levain, en musique...
Et voyait en son torse brioche au safran.
Seuls au monde, un matin, la pâte prête à cuire,
La caisse enfin s’ouvrit, à la bourse, à ses francs ;
Ils s’embrassèrent tant que les flûtes s’enfuirent.
