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Il y a des jours(...et puis des jours)
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Les jours nous sont comptés, Mac’Miche tient les cordons,
La bourse de la vie a une valeur baissière,
Son avarice véreuse de sordide tenancière,
Efface, de sa jeunesse, les grâces d'un Corydon.

Les jours sont des méplats dans la course du temps,
Des encoches sur l’échelle, des incises sur la roche,
D’infinitésimales poussières dans la sacoche,
Du Sisyphe entêté, du bref intermittent.

Armé de mon piolet de spéléologue,
J’entends, vous débusquer, anfractuosités,
Classer et spécifier, qu’à l’herbier, analogue,
Se superposent splendeurs et monstruosités.

Certains jours ont compté, prodigues en milles bontés,
Certains furent portés pâles, hachures dans la grisaille,
Certains eurent la beauté tragique d’une sœur Brontë :
Des bâtons s’ajoutant, des pions dans la bataille.

Des jours en majesté, en nageurs affutés,
Se déploient, ciselés de la statuaire grecque,
Des modèles d’hyperboles, sur leurs dorsaux sculptés,
Tout glisse avec la grâce fantasque d’un Lautrec.

Des jours sont façonnés par des mains de maçon,
Rugueuses, calaminées mais expertes à la tâche,
Qui éclusent au goulot et roupillent sans façon,
La robustesse gauloise : le corps d’un rouge qui tâche.

Gouttes d’eau incolores d’une solution saline,
A la diète, se picorent sans gout ni appétence,
Car ni vorace Lucrèce, ni lascifs Messaline,
Ceux que l’on souffre à peine : ces jours sans importance.

Croquis au crayonné grassouille d’une mine de plomb,
Une tendance à l’oubli, cacochymes petits vieux,
Des jours sont synonymes de bar-tabacs pluvieux,
Fumasses bouffées de gris, lavasse et aigre houblon.

© Poème posté le 11/05/2026 par Deshaiessaintes

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