Pripyat, Ukraina
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C’est une nuit au cœur en feu,
La main ne tient plus la matière ;
S'ouvre la faille peu à peu,
Où l’homme n’a plus de repère :
Le dôme s'est fendu en deux.
Lutte des corps, pas de secours
Pour cette brûlure invisible,
Qui les mord dès le premier jour ;
La chair meurtrie devient lisible,
Dans un silence sans recours.
Le pouvoir tait la vérité,
L'ordre dissipe la rumeur
D'un chaos qui a tout soufflé.
Mais face aux mots monte la peur :
Il faudra bien le révéler.
La terre boit l’atome errant,
Les forêts gardent la mémoire ;
Et passe au fil léger des vents
Une cendre sans trajectoire,
Qui brûle encore les vivants.
Quarante ans qui ont pesé lourd,
Or rien n'efface les stigmates
Pour ce pays mis à genoux :
Sur des ruines encor brûlantes,
Le sort martèle jusqu'au bout.
La main ne tient plus la matière ;
S'ouvre la faille peu à peu,
Où l’homme n’a plus de repère :
Le dôme s'est fendu en deux.
Lutte des corps, pas de secours
Pour cette brûlure invisible,
Qui les mord dès le premier jour ;
La chair meurtrie devient lisible,
Dans un silence sans recours.
Le pouvoir tait la vérité,
L'ordre dissipe la rumeur
D'un chaos qui a tout soufflé.
Mais face aux mots monte la peur :
Il faudra bien le révéler.
La terre boit l’atome errant,
Les forêts gardent la mémoire ;
Et passe au fil léger des vents
Une cendre sans trajectoire,
Qui brûle encore les vivants.
Quarante ans qui ont pesé lourd,
Or rien n'efface les stigmates
Pour ce pays mis à genoux :
Sur des ruines encor brûlantes,
Le sort martèle jusqu'au bout.
