Black moods
2
En dérive d’une obscure et feinte vérité,
Il s’est forgé lui-même un théâtre enchanté ;
(Nul ne devine encor que l’auteur en est lui)
Pour fuir ses propres voix qui le traquent la nuit.
Il s’est masqué, grimé sous mille faux visages,
Mais n’a jamais franchi l’azur et ses rivages ;
Car son regard captif, en son cercle enfermé,
Ne voit que le rayon par lui seul allumé.
Il est dans les étoiles une plainte infinie,
Qui glisse en frisson d’argent au front noir de la nuit ;
La douleur de n’avoir jamais vécu sa vie
Y brûle sourdement comme un rêve détruit.
Tout ce qu’il possède est ce poids qui l’enchaîne,
Une histoire obstinée que l’éternel entraîne ;
Sa mémoire est un fardeau, une croix sans repos,
Pierre d’angle usée aux saveurs d’aigre et d’os.
Il voulut les noyer dans l’oubli qui délivre,
Les chasser, les charmer, tenter encore de vivre ;
Noircissant des feuillets pour apaiser ses maux,
Mais n’y trouva jamais le repos ni les mots.
Car elles vivent en lui, ces ombres obstinées,
Se glissent dans ses nuits et hantent ses pensées ;
Et leur souffle épaissit, dans l’ombre où tout se perd,
Un silence toujours plus vaste et plus amer.
En dérive d’une obscure et feinte vérité,
Il s’est encor bâti son fragile théâtre ;
(Nul ne devine encor que l’auteur en est lui)
Pour fuir ce qu’il est seul à porter dans la nuit.
Mais jamais il ne vit, au-delà de son ciel,
L’azur libre et profond que révèle l’éternel ;
Car son regard brisé, replié sur son sort,
N’embrasse que lui-même — et s’y consume encore.
Il s’est forgé lui-même un théâtre enchanté ;
(Nul ne devine encor que l’auteur en est lui)
Pour fuir ses propres voix qui le traquent la nuit.
Il s’est masqué, grimé sous mille faux visages,
Mais n’a jamais franchi l’azur et ses rivages ;
Car son regard captif, en son cercle enfermé,
Ne voit que le rayon par lui seul allumé.
Il est dans les étoiles une plainte infinie,
Qui glisse en frisson d’argent au front noir de la nuit ;
La douleur de n’avoir jamais vécu sa vie
Y brûle sourdement comme un rêve détruit.
Tout ce qu’il possède est ce poids qui l’enchaîne,
Une histoire obstinée que l’éternel entraîne ;
Sa mémoire est un fardeau, une croix sans repos,
Pierre d’angle usée aux saveurs d’aigre et d’os.
Il voulut les noyer dans l’oubli qui délivre,
Les chasser, les charmer, tenter encore de vivre ;
Noircissant des feuillets pour apaiser ses maux,
Mais n’y trouva jamais le repos ni les mots.
Car elles vivent en lui, ces ombres obstinées,
Se glissent dans ses nuits et hantent ses pensées ;
Et leur souffle épaissit, dans l’ombre où tout se perd,
Un silence toujours plus vaste et plus amer.
En dérive d’une obscure et feinte vérité,
Il s’est encor bâti son fragile théâtre ;
(Nul ne devine encor que l’auteur en est lui)
Pour fuir ce qu’il est seul à porter dans la nuit.
Mais jamais il ne vit, au-delà de son ciel,
L’azur libre et profond que révèle l’éternel ;
Car son regard brisé, replié sur son sort,
N’embrasse que lui-même — et s’y consume encore.
