Scène ordinaire de la vie campagnarde
8
C'est une ombre furtive aperçue dans les champs,
C'est une silhouette où la lune dépose
Un reflet de velours, c'est une étrange chose,
Un regard aux aguets, deux yeux phosphorescents.
C'est un pas qui se coule autour de la maison,
Qui s'en vient sans un bruit, qui attend, qui hésite
Mais ne s'attarde pas ; ce n'est qu'une visite
Qui brusquement s'achève au plus petit frisson.
C'est, changé chaque jour, un grand bol rempli d'eau,
C'est la gamelle aussi, goûteuse et généreuse,
Laissée non loin du seuil, dans la brise frileuse,
À l'heure où le soir calme abaisse son rideau.
C'est parfois la surprise éblouie de l'instant
Où, chaussons de silence et cape souple et dense,
Le discret maraudeur savoure sa pitance,
Presque à portée de main, là, tout près, sous l'auvent.
Las ! C'est soudain le chien, surgissant du jardin,
Aboyant, dérangeant les plantes potagères :
"Hors d'ici, vagabond ! Pas de chat sur mes terres !"
Sans demander son reste, a filé le félin.
C'est une silhouette où la lune dépose
Un reflet de velours, c'est une étrange chose,
Un regard aux aguets, deux yeux phosphorescents.
C'est un pas qui se coule autour de la maison,
Qui s'en vient sans un bruit, qui attend, qui hésite
Mais ne s'attarde pas ; ce n'est qu'une visite
Qui brusquement s'achève au plus petit frisson.
C'est, changé chaque jour, un grand bol rempli d'eau,
C'est la gamelle aussi, goûteuse et généreuse,
Laissée non loin du seuil, dans la brise frileuse,
À l'heure où le soir calme abaisse son rideau.
C'est parfois la surprise éblouie de l'instant
Où, chaussons de silence et cape souple et dense,
Le discret maraudeur savoure sa pitance,
Presque à portée de main, là, tout près, sous l'auvent.
Las ! C'est soudain le chien, surgissant du jardin,
Aboyant, dérangeant les plantes potagères :
"Hors d'ici, vagabond ! Pas de chat sur mes terres !"
Sans demander son reste, a filé le félin.
