Les conseilleurs ne sont pas les meilleurs
« - C'est bon pour le gésier », dit le coq au poussin,
« De manger des cailloux ;
- mais l'est-ce pour les plumes,
Pour le carmin de crête, est-ce vraiment très sain,
Ou bien est-ce un discours qui, hautain, nous enfume ? »
S'inquiétait le poussin qui rêvait de grandir,
Préférant au gravier un bon grain de maïs !
« - Qu'ourdis-tu, vieux débris, contre mon avenir,
Toi qui vécus si peu au pays de jadis ?
- Contre la méfortune, il faut dresser bon cœur
En taquinant le merle à défaut de la grive !
De s'éjouir de peu, on évite rancœur
Quand perte du désir par l'amnésie s'avive.
- Je vois, papy, où te mena cette sagesse,
D'oublier du soleil le chant et la caresse. »
« De manger des cailloux ;
- mais l'est-ce pour les plumes,
Pour le carmin de crête, est-ce vraiment très sain,
Ou bien est-ce un discours qui, hautain, nous enfume ? »
S'inquiétait le poussin qui rêvait de grandir,
Préférant au gravier un bon grain de maïs !
« - Qu'ourdis-tu, vieux débris, contre mon avenir,
Toi qui vécus si peu au pays de jadis ?
- Contre la méfortune, il faut dresser bon cœur
En taquinant le merle à défaut de la grive !
De s'éjouir de peu, on évite rancœur
Quand perte du désir par l'amnésie s'avive.
- Je vois, papy, où te mena cette sagesse,
D'oublier du soleil le chant et la caresse. »
©JIM
