Paysage
3
Un ciel énorme, avec des cheveux rouges,
Rongeait l’horizon d’invisibles gouges,
Attisant sans fin l’incendie, au soir
D’azur léché qui laissait entrevoir
Des oiseaux traçant d’une aile véloce
Leur griffe ancienne à l’air d’or de la Beauce ;
L’ombre gagnait, entraînée à ce miel,
Et tout était vaste, et morne, et réel.
Le vent de nuit ridait les eaux dormantes,
Soupirs de sauges, et parfums de menthes…
Phébus se fermait, d'un sommeil bruité.
Sur le hallier, lavis d’obscurité,
Épais, le grand noir remplaçait l’orange,
On entendait le cri parfois étrange
De quelque proie enlevée en plein vol,
Puis, tu, le chant d’amour du rossignol.
Dans la vallée où sourdait la Conie
La vie était belle et grouillait, bénie,
Baignée et lente, en longs jardins fous !
Rien n’augurait, brûlés, les étés roux,
La steppe avancée à ces berges mortes
D’où s’enfuirait en d’immenses escortes
Toute la plume en ce monde, au bas mot !
Ni qu’en nous gîte, horrible, un béhémot.
Rongeait l’horizon d’invisibles gouges,
Attisant sans fin l’incendie, au soir
D’azur léché qui laissait entrevoir
Des oiseaux traçant d’une aile véloce
Leur griffe ancienne à l’air d’or de la Beauce ;
L’ombre gagnait, entraînée à ce miel,
Et tout était vaste, et morne, et réel.
Le vent de nuit ridait les eaux dormantes,
Soupirs de sauges, et parfums de menthes…
Phébus se fermait, d'un sommeil bruité.
Sur le hallier, lavis d’obscurité,
Épais, le grand noir remplaçait l’orange,
On entendait le cri parfois étrange
De quelque proie enlevée en plein vol,
Puis, tu, le chant d’amour du rossignol.
Dans la vallée où sourdait la Conie
La vie était belle et grouillait, bénie,
Baignée et lente, en longs jardins fous !
Rien n’augurait, brûlés, les étés roux,
La steppe avancée à ces berges mortes
D’où s’enfuirait en d’immenses escortes
Toute la plume en ce monde, au bas mot !
Ni qu’en nous gîte, horrible, un béhémot.
