Repaire argentin
J'ai subi seul la force de la lune
ma voix dans l'azur un beau jour d'été.
J'ai vécu seul les adieux à la mer,
nu sur la plage, une heure rêvée.
J'ai embrassé du regard l'horizon chatoyant,
croustillant comme une biscotte
avec du beurre fondu au soleil.
J'ai subi seul
les dépressions des vents,
à Rio de la Plata
la fraîcheur d'une bienveillante averse,
j'ai changé de direction
quand le cœur sauterelle
se voulait tout à elle
terrible Argentine.
Rumeur de feu, ciel de flammes,
chappe de plomb dans la forêt irrespirable,
corps transpirant de tous ses poils,
dans la confusion du laboratoire des sens.
Un ruban de fumée pendu entre deux arbres,
prélude à la lenteur des lieux,
vagabondant pour une cause incertaine,
sac à dos débordant de largeur,
je m'étais pris au jeu du vas et viens...
Comme une étoile de mer instable,
comme un marin sans corps et sans sel,
la bouche humide du murmure
des vers fondant sur ma peau.
Je ne fais que passer sur cette terre,
de l'aveu de mon âme de l'encre a coulé
du sablier, beaucoup de mots se sont envolés.
La nuit a joué avec la lune,
le Guarani a joué avec le feu,
l' hiver se joue du soleil,
et moi je chante en espagnol
guidé par la nature et le fiel,
du miel dans la voix amigo
je ne fais que passer, prendre et laisser,
les frissons du sol,des fleuves, de la mer.
Comme une teigne un rien désabusée,
comme un taureau plein de vertu,
comme une laitue ouverte au vent,
comme un tube en immersion,
comme un poncho sur le corps d'un ami,
comme le verre brille au soleil,
comme un siècle enclin aux frottements,
comme une lame excite la barbe,
j'écris pour que vive la mémoire.
Les mandragores se dressent comme des citrouilles
au milieu de la ville pressée par les nuages ,
un vent mélodieux venu de la campagne
porte une oreille flatteuse sur l'avenue large,
les murailles, terminant sa course
entre les chantiers du vieux port.
La nuit mettra comme d'habitude
tout le monde à l'envers , en route,
l'eau sur toutes les lèvres, un reste de rosée,
Maria roulera ses yeux sur le billard,
ses jambes cacheromt les nuages
et nous leverons notre coupe vers la lune,
pendant que d'autres prient Maradona
et autres Dieux du football .
Musique des ponts et des forêts,
du lent miel coulant dans une seconde,
musique de la clepsydre de Cléopâtre,
invisible reptile rampant à travers les âges,
au travers du temps, versatile,
éternité du mouvement, mystère des engouements.
On regarde la mer et ses vagues violoncelle,
la montagne joue de la harpe,
Gabriel est le chef d'orchestre,
et moi témoin qui n'ignore rien de la mélancolie
des visions bucoliques, des anges,
de la musique comme un chemin de traverse,
commune à tous et ne parlant qu'à moi,
infiltrée dans la roche des muses.,
Frissons, fresques,
néons rouges, quartiers interlopes,
icônes de la nuit du lit au pot-au-feu,
vous ravivez passions et mélancolies,
que le chemin est doux et le sang merveille !
L'eau, le vin, la glace, suivent les pas effrénés
vers le sud, sang de grillon,
vestige du souffre, veste de peccadille,
sandales de vent et cymbales d'artiste,
le retour du routard dans les coteaux.
Marlboro se perd dans les bruits des guitares,
dans le mélo des fenêtres sur court,
dans le songe et les louanges des passants,
dans les mots murmurés et les gestes éloquents,
qui fume mon ami voit le feu du trottoir !
Marlboro sourit des soirées pleines,
autant que le couteau emporte la viande
et les mélanges d'apéro et de farniente,
tandis que les femmes dansent, belles,
fières de leurs atouts qui nous ensorcellent.
Marlboro s'épanche et je l'écrase du talon.
1. Repaire argentin
2. Repaire argentin (2)
ma voix dans l'azur un beau jour d'été.
J'ai vécu seul les adieux à la mer,
nu sur la plage, une heure rêvée.
J'ai embrassé du regard l'horizon chatoyant,
croustillant comme une biscotte
avec du beurre fondu au soleil.
J'ai subi seul
les dépressions des vents,
à Rio de la Plata
la fraîcheur d'une bienveillante averse,
j'ai changé de direction
quand le cœur sauterelle
se voulait tout à elle
terrible Argentine.
Rumeur de feu, ciel de flammes,
chappe de plomb dans la forêt irrespirable,
corps transpirant de tous ses poils,
dans la confusion du laboratoire des sens.
Un ruban de fumée pendu entre deux arbres,
prélude à la lenteur des lieux,
vagabondant pour une cause incertaine,
sac à dos débordant de largeur,
je m'étais pris au jeu du vas et viens...
Comme une étoile de mer instable,
comme un marin sans corps et sans sel,
la bouche humide du murmure
des vers fondant sur ma peau.
Je ne fais que passer sur cette terre,
de l'aveu de mon âme de l'encre a coulé
du sablier, beaucoup de mots se sont envolés.
La nuit a joué avec la lune,
le Guarani a joué avec le feu,
l' hiver se joue du soleil,
et moi je chante en espagnol
guidé par la nature et le fiel,
du miel dans la voix amigo
je ne fais que passer, prendre et laisser,
les frissons du sol,des fleuves, de la mer.
Comme une teigne un rien désabusée,
comme un taureau plein de vertu,
comme une laitue ouverte au vent,
comme un tube en immersion,
comme un poncho sur le corps d'un ami,
comme le verre brille au soleil,
comme un siècle enclin aux frottements,
comme une lame excite la barbe,
j'écris pour que vive la mémoire.
Les mandragores se dressent comme des citrouilles
au milieu de la ville pressée par les nuages ,
un vent mélodieux venu de la campagne
porte une oreille flatteuse sur l'avenue large,
les murailles, terminant sa course
entre les chantiers du vieux port.
La nuit mettra comme d'habitude
tout le monde à l'envers , en route,
l'eau sur toutes les lèvres, un reste de rosée,
Maria roulera ses yeux sur le billard,
ses jambes cacheromt les nuages
et nous leverons notre coupe vers la lune,
pendant que d'autres prient Maradona
et autres Dieux du football .
Musique des ponts et des forêts,
du lent miel coulant dans une seconde,
musique de la clepsydre de Cléopâtre,
invisible reptile rampant à travers les âges,
au travers du temps, versatile,
éternité du mouvement, mystère des engouements.
On regarde la mer et ses vagues violoncelle,
la montagne joue de la harpe,
Gabriel est le chef d'orchestre,
et moi témoin qui n'ignore rien de la mélancolie
des visions bucoliques, des anges,
de la musique comme un chemin de traverse,
commune à tous et ne parlant qu'à moi,
infiltrée dans la roche des muses.,
Frissons, fresques,
néons rouges, quartiers interlopes,
icônes de la nuit du lit au pot-au-feu,
vous ravivez passions et mélancolies,
que le chemin est doux et le sang merveille !
L'eau, le vin, la glace, suivent les pas effrénés
vers le sud, sang de grillon,
vestige du souffre, veste de peccadille,
sandales de vent et cymbales d'artiste,
le retour du routard dans les coteaux.
Marlboro se perd dans les bruits des guitares,
dans le mélo des fenêtres sur court,
dans le songe et les louanges des passants,
dans les mots murmurés et les gestes éloquents,
qui fume mon ami voit le feu du trottoir !
Marlboro sourit des soirées pleines,
autant que le couteau emporte la viande
et les mélanges d'apéro et de farniente,
tandis que les femmes dansent, belles,
fières de leurs atouts qui nous ensorcellent.
Marlboro s'épanche et je l'écrase du talon.
1. Repaire argentin
2. Repaire argentin (2)
